Ici, on aime bien … faire les trucs par nous-même
Oui. C’est ce qui est nommé, maintenant sur toutes les chaînes de télé capitalistes, comme le DIY. Le Di Aïlle Wouaïlle. Dit comme ça, ça semble douloureux. Mais avant d’être intégré dans les tunnels de communication du Capital et utilisé pour vous donner envie d’acheter une perceuse rose pour femme1, et vous faire sentir « libre » de l’avoir achetée une fois la première cheville martelée, le DIY est un truc visionnaire, accessible toutes et à tous, basé sur l’entraide, le plaisir et le partage. Et un peu punk aussi, soyons honnêtes. Bon, le terme nous viens des Etats-Unis, par ici, on appelle ça le « bricolage ». Mais Do It Yourself ça sonne tellement mieux, comme un joli packaging prêt à être ouvert devant le sapin de noël, isnt’it ? Allez, encore un logo fait à l’IA pour une boite d’artisanat, et hop, on lance la pub.
Le DIY, c’est douloureux, des fois, quand-même. Clément, 15 septembre 2026
Depuis maintenant plus de 20 ans, le « Fait par soi-même » est un peu comme une marque de fabrique… On essuie ses premiers plâtres sur une maison, et puis vous savez ce que c’est, hein, la passion : une yourte, deux, autonomie électrique, voiture, estafette, caravane, remorque … Tiens, c’est un peu ce qui m’a manqué en Ecosse, un DIY punk, un DIY pas dans la spécialisation et le Capital mais dans l’éco-économie, des trucs qui n’existent pas dans une société hyper-protectrice et fortement standardisée. Bon, hé, y’a Lewis quand-même. Plus underground que punk.
Et donc, les 19 et 20 septembre dernier, c’était « atelier allez on va faire des support pour les affichettes qui font que s’envoler sur l’étale c’est trop relou » ! Mais oui ! quel forain n’a pas crié après ses affichettes de description de produits qui s’envolent au moindre souffle d’Ange ? Quel maraicher n’a pas couru derrière lesdites affichettes qui se font – bien trop vite – piétiner par de potentiels clients ? D’autant plus quand lesdits clients veulent du savon – pour être propre – et qu’ils ramassent de desssous leurs pieds l’affichette qui indique « la douceur du lait de brebis » ? Et qu’ils te le tendent gentiment avec un petit mot gentil mais des yeux qui fixent plus la marque de caca de chien que tes yeux implorants ? Hein ? Qui ?
Non, c’est pas drôle en fait. C’est relou. Et puis un peu gênant aussi. Surtout qu’il n’y a pas de trace de caca de chien, c’est une trace de savon en fait. Mais bon, on va pas se lancer dans des diatribes offensées, ce serait contre-productif.
Bref, il était temps. Et comme un chantier de DIY punk ne se prépare qu’exclusivement à l’arrache, s’en préoccuper 24 heures avant de déballer pour la première fois depuis 4 ans, hein, comment dire… Il était temps.
Au programme : soudure à l’arc improvisée
L’idée est super simple mais a demandé des mois de recherche intensive, surtout les dimanches 16h30 quand les fournisseurs de bricolo-bricolage sont fermés et que le lundi on a oublié et qu’on est passé à une autre tâche urgente. En DIY, on fait dans l’urgence, nous. On aime ce genre de défis, nous.
Purée, je viens de penser que j’ai pas réparé le phare de la voiture pour le contrôle technique du 19 aout… Clément, 29 septembre.
Dans nos bureaux de R&D, les ingénieur·es ont travaillé·es d’arrache-pieds. Elles et ils ont épluché les sites de vente par correspondance – peu recommandables – à la recherche de LA solution chinoise ultime. Genre l’invention folle qui a déjà séduit plus de 20 millions d’utilisateurices dans le monde, vu à la TV et multiple gagnant du concours Lépine 1983, 1984 et 1996 sous différents noms. Eh bien figurez-vous que nenni. Du plastique, du plastic, un peu de bois des forêts du Brésil, de l’aluminium super-léger (mais ils sont débile ou quoi ? – c’est pour le vent !), mais rien de révolutionnaire. Que couic. Nada.
Alors, je vais être super clair: n’allez pas me dire qu’il suffit d’une pince à linge et d’un peu de scotch, parce que non. Et des bonnes idées, j’en ai plein aussi pour vous et le pot d’échappement de votre voiture qui traine par terre. Mmmmh ?
LA solution : la cornière en bon vieux métal
Eh oui : il nous faut un truc à la fois lourd, peu encombrant, facile et rapide à mettre en oeuvre, peu visible, et qui – de surcroît- colle avec l’ambiance d’un autre univers sur l’étale et sa nouvelle nappe blanche (c’est une idée brillante de l’Artisane, le premier qui dit un truc je lui éclate le petit orteil droit – des années de R&D en lessive qu’on vous dit).
J’avais dessiné l’idée sur un coin de table à la fin du printemps dernier après la soirée chez Laurie et quelques bières, et elles étaient fameuses, l’idée et la bière, j’le jure. (Le premier qui me dit que je suis pas réactif, je lui explique comment réparer la chasse d’eau qui coule depuis un mois, ok ? Et puis il faut choisir : fêter une crémaillère ou faire de la R&D – je fais les deux. N’est pas DIY qui veut).
La solution ? Deux morceaux de cornière métallique assez épaisse pour être stable (genre du 4 avec ailettes de à 90 de 30, c’est pouce vers le haut 😘), juste électrolysée mais pas peinte, c’est pas utile pis c’est pas beau.
Savamment découpées en fonction des besoins et des calculs de résistance aux aléas post-climatiques effectués par le bureau E&D (Engineering & Design), regroupées par paires, retournées dos à dos puis soudées élégamment par nos professionnels de la punk fashion, le Support d’Affichette Métallique pour Marchés, le SAMM, saura convenir à tous types de marchés, y compris ceux effectués en zone cyclonique 4.



Et voici le SAMM. Simple, élégant, pratique
Le résultat est vraiment sympa, simple, pile-poil nikelpunk.
Les Forcalquiérain·es ont été les premiers à tenter l’aventure des nouveaux supports avec nous. Iels n’ont pas été déçus, et nous avons même reçus des encouragements et pas mal de félicitations pour l’ensemble.
Du coup, je vais en faire plein…

SAMM, ton ami conçu pour durer
Même en cas de naufrage.
Je tiens tout de même à souligner que cet article a été écrit à la main et sans l’aide de l’IA. On peut aussi se moquer des présentations toutes faites que l’on trouve absolument partout maintenant, et même chez les petits artisans. Aidez-les en leur disant (très gentiment) que l’usage d’un agent conversationnel programmé est une mauvaise idée quelquefois : l’Intelligence Artificielle les invisibilise en lissant toutes ses petites différences et imperfections qui font que nous sommes … 1+1+1+…
😘
- Je fais référence ici à la chronique de Mamari dans l’émission « La Dernière » sur Nova. Le podcast est par ici ↩︎



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