Climat : Pour une prise de conscience

Une prise de conscience durable avec deux simples graphiques

Je viens de lire un pouet1 sur Mastodon d’un certain Zack Labe, un chercheur climatologue états-unien2. Il travaille sur l’évènement climatique en cours, il l’étudie mais essaie aussi de le partager pour le plus grand nombre.

Une de ses façons de faire prendre conscience du « dérèglement climatique »3 que nous connaissons, c’est de partager une courbe tous les mois : la courbe de concentration du CO2 dans l’atmosphère. Le CO2, c’est le dioxyde de carbone, un gaz primordial dans l’effet de serre, le phénomène responsable du réchauffement climatique.

Et depuis quelques années, on le sent bien même si on ne veut pas le voir : y’a comme qui dirait quelque chose d’inéluctable. Alors, on regarde un thermomètre, la météo, on se fie à notre ressenti. Mais en regardant un thermomètre et en essayant de se souvenir comment que c’était avant, notre prise de conscience est très limitée. Parce que notre cerveau est fait comme ça. S’il ne peut pas se raccrocher à quelque chose de tangible, il invente. C’est ainsi.

Notre prise de conscience doit être profonde, sincère, durable, individuelle, collective. Elle doit absolument s’absoudre des écrans de fumée échafaudés par le Capital pour être pleine et entière.

Et ce que montre Zack, c’est formidable. Voici la concentration en CO2 dans l’atmosphère mesurée depuis 1958 à Hawaï :

On est passé d’une concentration de 315 ppm4 en 1958 à 431 ppm aujourd’hui (Juin 20265). La moyenne augmente en suivant une courbe qui se dresse régulièrement. Cela signifie que la concentration augmente d’une part, et qu’elle augmente de plus en plus vite d’autre part.

Ce phénomène n’est pas naturel : il est anthropique. Nous brûlons sans relâche les résidus des puits de carbones … du Carbonifère : le pétrole. Ce faisant, nous libérons du dioxyde de carbone piégé depuis 350 millions d’années dans le sous-sol. À cette époque, le taux de CO2 est passé de 1500ppm à … 350ppm, soit plus faible qu’aujourd’hui, mais plus haute qu’en 1958 ! Mais cela a pris bien du temps, environ 50 millions d’années…

La vitesse d’augmentation de la concentration actuelle est sidérante et doit absolument être intégrée : la planète n’en a connu une similaire qu’une seule fois : il y a 66 millions d’année, à l’extinction des dinosaures, ou il y a eu des incendies planétaires, quand un trop gros caillou est tombé de l’espace.

Enfin, un second graphique assez percutant peu aider à

intégrer et conscientiser l’impact sans retour de notre dépendance toujours plus avide au pétrole :

À cette échelle, la vitesse de l’augmentation du taux de concentration actuel est étourdissante. Le graphe ne permet même pas de voir la « lente » et persistante hausse, nous avons une barre verticale dont le sommet d’aujourd’hui dépasse tout ce que la Terre a connu depuis les grandes glaciations. Autant dire que c’est pas demain qu’aura lieu la prochaine glaciation que j’attendais tant il y a quelques dizaines d’années…

Souvenez-vous de ces deux graphiques : ils aident à l’intégration pleine, entière et durable de la réalité étourdissante du phénomène climatique en cours.

Et n’oubliez pas : nous serons morts et raides morts que cela continuera. Il faudra 100 ans pour que le phénomène se stabilise, dans le meilleur des cas. Et des dizaines de milliers d’années pour que la concentration du CO2 dans l’atmosphère diminue de nouveau.

Nous serons morts et raides morts.

Mais c’est ça, un puits de carbone : l’accumulation d’êtres vivants puis morts.
Raides morts.


Pour aller plus loin, si ça vous intéresse, voici quelques liens :

Notes:

  1. Un Pouet, c’est ainsi qu’on appelle une publication sur Mastodon, le réseau social dont vous n’êtes pas le client. Découvrez-le ! ↩︎
  2. https://zacklabe.com/ ↩︎
  3. Je pose des guillemets parce que la dénomination ne me convient pas, parce que je considère (peut-être à tort) que le climat aurait dû être « réglé » avant d’être déréglé ». Ce n’est pas le cas, il est naturellement variable. ↩︎
  4. ppm, c’est « Partie Par Million ». C’est l’échelle de concentration d’un élément dans un autre en science. Un peu comme un pourcentage, mais comme si vous comptiez chaque molécule dans un ensemble de molécules. ↩︎
  5. Voir le pouet de Zack par ici ↩︎

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *