C’est un peu un rêve…

Rester là-haut, là, tout de suite. Maintenant.

C’est après le 20 août que c’est arrivé. Nous avions décidé de prendre l’air, une fois. Deux fois, quelle chance… Et là, balade immense dans un coin que j’affectionne déjà beaucoup, pas loin de deux vallées que j’aime à me rappeler. Une sente, longue, une ascension, lente. Un Sirocco qui apportera beaucoup d’eau dans la nuit. Et m’y voici. Malgré la fatigue, malgré la moiteur, malgré l’abandon des lieux… j’ai eu envie d’y rester.

Et pour toujours, dans une fin d’été un peu chaude le jour et un peu fraiche le soir, pas trop le matin… Pour pouvoir faire un petit feu pour le plaisir, regarder les flammes danser et le poêle antique rougir.

Ecouter le vent tiède dans les mélèzes, jamais trop fort, juste une petite brise qui souffle quelquefois comme pour dire que la neige n’est pas loin mais que l’on n’a pas à s’inquiéter encore. Sentir l’essence boisée et citronnée, si délicate qu’elle a déjà cédé sa place au parfum, plus lourd, des herbes gorgées d’eau et de soleil.

Tourner la tête et chercher du regard là une pierre descellée par un sabot fugace, ici une petite portion de torrent cristallin, un peu plus haut s’émerveiller des fraiches ondes nuageuses qui caressent cette crête si aiguë. On sait le fracas assourdissant des eaux scintillantes dans le bassin ou l’on va se laver dans l’après-midi, on connais le bourdonnement insistant des mouches – un peu chiantes. Ici, il n’y a pas de moustiques, jamais…

Il y a tant à dire sur ce petit coin de rien du tout, ce grand lieu ou tout nous sépare. Tu as vu les arcs-en-ciel ? Le ciel étoilé si limpide qu’on a l’impression d’y flotter ? Le loup qui rôde comme un frisson dans la nuit ? La bergère qui passe, ombre de sensualité sauvage ?

On a tous·tes un petit lieu magique quelque part.

Vous trouverez, vous aussi, cet endroit, pas trop loin mais suffisamment. Isolé mais on aime bien y voir passer quelques personnes (voire même des enfants), quelques brebis, quelques vaches qui ne restent pas. Et maintenant que je l’ai trouvé, cet endroit magique, j’ai décidé de le cultiver, de l’inventer pour le faire vivre, de m’en souvenir.

J’ai décidé d’y rester un peu, pour l’éternité.

Réponse

  1. Avatar de Mpi Aiello
    Mpi Aiello

    Wouaou ! Beau et émouvant. Une petite larme pour toi.

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